Alors que les regards sont toujours plus, et à juste titre, tournés vers la responsabilité environnementale de chacun, l’attention se porte régulièrement sur la question de l’éclairage publique et de son utilité.
On connaît en effet l’impact direct de l’éclairage urbain via sa consommation énergétique ou la pollution lumineuse qui impactent tant les Hommes que la faune ou la flore. Mais alors dans quel but éclaire-t-on aujourd’hui les espaces publics ?
Éclairage public : un gouffre financier ?
Routes, trottoirs, monuments, parcs, zones commerciales… De
nombreux espaces sont aujourd’hui éclairés chaque nuit en France. Le premier
point d’attention se porte alors sur la consommation d’électricité que cela
engendre. On parle de près de 47% de la consommation électrique des communes.
Pourtant, il ne s’agit pas là du seul pôle financier relatif à l’éclairage
urbain. En effet, il faut également considérer les coûts d’entretien, de
réparation et d’entretien d’un parc d’équipement souvent vétuste (20 années en
moyennes). Certes ce coût pourrait être réduit dans le temps avec le
remplacement des systèmes anciens par des éclairages LED basse consommation ou
encore par la rationalisation de période d’éclairage. Si des efforts sont faits
par de très nombreuses communes, le travail pour bénéficier d’un éclairage plus
économique, et donc plus écologique est donc encore long. Mais finalement, à
quoi sert aujourd’hui l’éclairage public ?
Confort et sécurité… Et la lumière fut !
La sécurité est généralement le premier argument en faveur
du maintien de l’allumage des lampadaires en zone urbaine et sur la route. En
effet, des questionnaires diffusés auprès des utilisateurs de la route comme
des citadins ont montré que l’éclairage de l’espace
public générait un réel sentiment de sécurité.
Côté citadin, on comprend notamment que certains espaces et
passages sensibles suscitent parfois une crainte s’ils ne sont pas dotés de
lumière. Pourtant, des études plus poussées mettent à mal les faits supposés.
Plus qu’une réelle insécurité, l’absence d’éclairage public crée un sentiment
d’insécurité.
Du côté de la route, on réalise un constat assez proche. En
effet, de nombreux conducteurs ont mis en avant une sensation de confort de conduite
lorsqu’il évolue en zone éclairée. Mais là encore, le recul a montré que
ceux-ci sont finalement plus attentifs et plus vigilants lorsqu’ils parcourent
des zones urbaines non éclairées. Il faut donc savoir jongler entre impression
et réalité, entre attentes publiques et faites. Ainsi, la réponse doit être
raisonnée et raisonnable sur chacun plan.
Dynamisme et attractivité… Quand la lumière attire.
On savait que la lumière avait le mystérieux pouvoir
d’attirer certains animaux. Elle est dotée de bien d’autres pouvoirs en termes
d’attractivité. Ainsi, au-delà des enjeux de sécurité et de confort,
l’éclairage à un réel impact sur l’attractivité des lieux. On constate ainsi
que de nombreux citadins font de l’éclairage un facteur d’évaluation de leur
lieu de vie. Alors que, avec l’habitude du quotidien, il n’y apporte plus
d’attention particulière, l’illumination des bâtiments publics et des monuments
historiques et touristiques a pourtant une réelle importance dans la perception
de leur espace d’évolution.
Mieux encore, les éclairages contribuent parfois à une véritable scénarisation des espaces publics, que ce soit bien évidemment en période de fête avec les illuminations de Noël par exemple, ou dans le cadre d’événements culturels et touristiques avec l’éclairage de festival, de jardins. Citons par la fête des Lumières à Lyon où, plus qu’un simple éclairage public, la lumière vient illuminer monuments et façades, attirant des visiteurs et touristes toujours plus nombreux.
On note donc que la lumière opère toujours une certaine
magie sur chacun de nous. Elle favorise un sentiment de sécurité, elle donne
vie à la ville, elle réveille les façades… même la nuit. Pour autant, alors que
les considérations écologiques se font heureusement plus fortes, il est essentiel
de repenser un éclairage plus propre, plus économique, plus respectueux de
l’environnement et des cycles naturels.